Du Seigneur : – “La France est un état narcotrafiquant. C’est un constat qui ne date pas d’hier. L’histoire se répète et se répètera toujours tant que l’argent sera le seul moteur et compteur de votre économie de crapules.”

[- “crapules”, ai-je bien entendu ce terme ou l’ai-je imaginé ?

J’ai du mal à “croire” que le Seigneur puisse utiliser ce terme, un peu trop moderne, non ?]

  • Réponse du Seigneur :

– “Retour à la racine, au sens étymologique du mot, le “verbe”/”verbum”, toujours le “Verbe” :

[(Religion) Verbe, calque du grec ecclésiastique Λόγος, logos (« Verbe, Christ, Dieu fait homme »).

  1. in principio erat Verbum et Verbum erat apud Deum et Deus erat Verbum, Vulgate : au commencement était le Verbe et le Verbe était avec Dieu et le Verbe était Dieu.

[…]]

_____________________________________________

  • “Crapule”, définition selon le lien :

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http://www.cnrtl.fr/definition/crapule

________________________________________________

A.− [Nom coll.] Vieilli

1. Au sing., vx. État de débauche grossière, vile. Se livrer à la crapule. La culbute des gens chics dans la crapule du vice surprenait encore Nana (Zola, Nana,1880, p. 1314).

[…]

2. P. méton.

a) Au sing., vieilli. Ensemble de personnes qui vivent dans la débauche, le vice ou la malhonnêteté. Synon. canaille, racaille, pègre.Marseille évoque l’énorme Orient des échelles, depuis la crapule de Port-Saïd jusqu’aux saints pirates de Phocée (Suarès, Voy. Condottière,t. 1, 1910, p. 256).Alain, qui avait déjà beaucoup souffert en prison et coudoyé la crapule, s’effrayait moins (Van der Meersch, Invas. 14,1935, p. 229):

1. Germinie continuait à aller. Elle battait tout l’espace où la crapule soûle ses lundis et trouve ses amours, entre un hôpital, une tuerie et un cimetière : la Riboisière, l’Abattoir et Montmartre. Goncourt, Germinie Lacerteux,1864, p. 214.

[…]

[Passage sélectionné spécifiquement par le Seigneur “surligné à Sa demande]

[

B.− [Désigne un individu] Usuel. Personne sans principes, capable de commettre n’importe quelle bassesse, n’importe quelle malhonnêteté. « Une parfaite, une sale crapule; la dernière des crapules. »

Synon. escroc, voyou, canaille, fripouille.

« Notre armée d’Afrique était alors pleine de ces crapules, excellents soldats, mais peu scrupuleux » (Maupass., Contes et nouv.,t. 2, Mohammed-Fripouille, 1884, p. 270).

« Vous croyez qu’on mettra la main sur la crapule qui a étranglé cette petite ? » (Simenon, Vac. Maigret,1948, p. 142).

« Je tiens d’abord à vous dire que vous êtes un être immonde, une crapule de l’espèce la plus malpropre que j’ai jamais vue »

 (Aymé, Tête des autres,1952, p. 228):

2. « … il y eut dans la foule [des grévistes] une longue secousse, et une vieille femme déboula. C’était La Brûlé (…) Et, sans attendre, elle tomba sur l’armée, la bouche noire, vomissant l’injure.

− « Tas de canailles! tas de crapules ! ça lèche les bottes de ses supérieurs, ça n’a de courage que contre le pauvre monde ! » Zola, Germinal,1885, p. 1503.

[…]]

Le Seigneur m’a demandé de décrire la “France actuelle” à partir de la “France passée”,

  • la France des guerres coloniales et des trafics de stupéfiants.

Le passage que je vais recopier n’est pas extrait d’un site de désinformation tenu par des complotistes.

Il s’agit d’un livre écrit par des historiens que vous ne trouverez pas au rayon des livres les plus vendus mais oublié sur une étagère de bibliothèque universitaire.

Et si vous le choisissez, ce sera parce qu’une voix intérieure vous y aura poussé, une voix que nous entendons, tous, si nous savons l’écouter.

– la voix de “notre Seigneur intérieur”, ainsi nommé par les Hindous aussi.

Car ceux qui disent que l’hindouisme est un polythéisme n’ont rien compris à cette “religion de l’Homme” dont le bouddhisme est à l’hindouisme ce qu’est le christianisme au judaisme.

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  • Extrait de ce livre que je dois publier à la demande du Seigneur pour savoir ce que vous ne voulez pas savoir :

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“[[…]

Partie 1 – L’Asie vacille

Chapitre 2. Lorsque l’opium finance la guerre des services spéciaux : un officier d’Indochine accuse dans la presse (1953)

  • par Jean-Marc LE PAGE

La guerre d’Indochine a été sous le feu des projecteurs de la presse métropolitaine à plusieurs reprises en raison de scandales qui ont été rendus publics par le biais d’une presse inquisitrice et percutante. Avant l’opium comme on le verra ici, il y a eu la torture dans Témoignage chrétien en 1949, l’affaire des généraux en 1950, le trafic des piastres [l’équivalent du franc CFA pour l’Afrique] en 1953. A chaque fois les services de renseignement, qu’ils soient “spéciaux” ou non, sont impliqués. Il en va de même pour l’affaire de l’opium dont l’usage est dénoncé dans l’article de L’Observateur du 28 mai 1953. Il croise deux affaires qui vont se révéler indépendantes. La première concerne des détournements de fonds effectués par deux sous-officiers du SDECE. Malgré son ampleur, ils sont davantage un signe de dysfonctionnement interne au niveau de la comptabilité qu’un objet de scandale d’Etat. Ce n’est pas le cas de la seconde qui est dévoilée au même moment par un concours de circonstances. Cette dernière révèle des pratiques que les responsables militaires d’Indochine auraient souhaité maintenir discrètes [1].

{Note de bas de page – 1. Pour plus de détails, cf. : Alfred W. McCoy, The politics of heroin in southeast Asia,The Washington Monthly Company, 1972.}

La lettre de l’officier à son père, rapportée par le journal, fait allusion à de grandes quantités d’opium qui transitent par Saigon. Ce “trafic” est la condition posée par les tribus montagnardes pour entrer dans la lutte contre les incursions des troupes de la République démocratique du Viêt-Nam dans les régions du Tonkin. En 1952, le capitaine Desfarges a obtenu le soutien de la peuplade des Méos en acceptant d’acheminer leur production d’opium à Saigon où elle est revendue par l’intermédiaire des propriétaires de la maison de jeu du “Grand Monde” à Cholon, les Binh Xuyen [1].

{Note de bas de page – 1. Les Binh Xuyen sont l’une des nombreuses sectes présentes en Cochinchine. Ralliés en 1948, ils prennent le contrôle de la principale maison de jeu de Cholon, “Le Grand Monde” en 1950 qui devient le coeur des activités de leur leader, Bay Vien qui prend le titre officiel de général Le Van Vien.}

[Le Seigneur veut que je souligne la similitude avec la secte SALAFISTE et le trafic de stupéfiants qui sous-tend l’expansion de l’Islamisme dans nos cités françaises.]

C’est en ramenant le produit de la vente qu’il [le leader, Bay Vien] a été arrêté par la prévôté. Très vite, les plus hautes autorités militaires interviennent pour remettre les fonds entre les mains des Méos. Le général Salan, commandant en chef, et son chef d’état-major “opération” qui est également son responsable du renseignement, le colonel Gracieux, sont dans la confidence, sans doute aussi le colonel Belleux, délégué du SDECE en Indochine, puisque le GCMA es sous son autorité technique. Par contre, les autorités civiles sont totalement tenues à l’écart. A la suite d’une rencontre avec Salan, le ministre et haut-commissaire en Indochine, Jean Letourneau, se range aux arguments des militaires et accepte la poursuite des échanges. Le premier accord ne prévoyait pas de “ponctions” du GCMA sur les fonds mis à disposition des Méos, après l’affaire, les achats d’opium sont poursuivis pour remplir les engagements pris avec les chefs de maquis,

[Les chefs des mosquées qui couvrent les trafics de stupéfiants, équivalents contemporains de ces accords crapuleux avec les services secrets français]

mais toute nouvelle transaction doit recevoir l’aval du ministre.

[Le Seigneur affirme que nul n’ignore, aucun ministre, ce que couvre ces trafics de stupéfiants voulus et entretenus par l’état français, un état narcotrafiquant]

Les transferts se poursuivent donc, mais avec un contrôle accru et le GCMA reçoit une part pour financer ses activités.

L’opération X – c’est son nom de code – est révélatrice de certaines pratiques de la part des services spéciaux. Nous sommes à la lisière de ce qui est répréhensible au nom de la morale mais qui peut être acceptable au nom de l’efficacité. Cette dualité explique certainement pourquoi les autorités civiles ont été totalement tenues à l’écart : sans doute n’auraient-elles pas pu comprendre la nécessité de telles actions. Ce trafic met également en lumière des pratiques par lesquelles les différents services de renseignements financent leurs activités. L’affaire de l’opium, telle qu’elle est dénoncée dans cet article, n’est que la partie émergée d’un iceberg : tous les services de renseignement d’Indochine financent leurs activités par des ventes illégales d’opium, de sel, de cannelle, de prises de guerre. Elles sont le plus souvent couvertes par les autorités militaires, alors que les civils se contentent de corriger les dérapages les plus voyants.]

___________________________________________________

[Idem aujourd’hui où quelques prises de stupéfiants font croire, de temps en temps, au bon peuple de France que l’Etat français lutte contre un trafic de stupéfiants, un trafic qu’il autorise de fait, en étant le principal instigateur et entremetteur de ces ventes de produits… dits illicites “pour la galerie”.

Le Seigneur définit ainsi le rôle de l’Etat français au XXIème siècle :

C’est un entremetteur d’affaires !

A force d’être cette “chose publique”,

  • la “res publica” appartenant à des francs-maçons spéculateurs et affairistes,
  • “noyauteur” de réseaux, de toutes sortes de réseaux !

___________________________________________

[L’entremetteur d’affaires :
Entreprise de services spécialisée dans le développement des affaires, le réseautage et les stratégies marketing et de commercialisation.

Elle aide les entrepreneurs (jeunes entreprises ou entreprises établies) à dénicher les ressources nécessaires afin de combler des besoins de tous genres. S’ils le désirent, je les guide dans le développement d’une stratégie marketing efficace permettant de mettre en évidence leur expertise et leur savoir-faire. Le mandat de l’Entremetteur d’affaires est de vous accompagner dans la poursuite et de vous aider dans l’atteinte de vos objectifs.

J’organise régulièrement des activités lors desquelles je mets en lien des entrepreneurs à la recherche de produits, de services spécifiques ou d’une expertise particulière. De plus, je propose des rencontres individuelles entre entrepreneurs pour lesquels j’ai identifié un fort potentiel de collaboration ou des besoins complémentaires, puisqu’ils visent la même clientèle-cible d’acheteurs ou de fournisseurs.]

___________________________________________

[Suite de l’article :]

Dans l’affaire de l’opium seul le lieutenant-colonel Grall sera sanctionné et relevé de son commandement [1].

[Note de bas de page – 1. Sur ce personnage, cf. Le rapport du lieutenant-colonel Trinquier édité après l’article de L’Observateur.

[Sous-partie] LES TRAFICS DE SAIGON :

UN OFFICIER D’INDOCHINE ACCUSE

La publication par L’Observateur de certains documents concernant le trafic des piastres [1]

[Note de bas de page – 1. Scandale dénoncé d’abord dans un article du Monde, puis dans un livre du même nom par Jacques DESPUECH, Le trafic de piastres, paru aux édition Deux-Rives en 1953. L’auteur, employé de la Banque de l’Indochine, fait état du trafic généré par la différence de convertibilité du franc et de la piastre : la valeur officielle de la piastre indochinoise est fixée par décret à 17 francs alors que sa valeur réelle, telle qu’elle est estimée sur les marchés parallèles, est comprise entre 8 et 10 francs. Il dénonce les transferts de fonds organisés par des personnalités et des notables. En définitive, les bénéficiaires de cette particularité sont extrêmement nombreux. Pour répondre au scandale, le président du Conseil, René Mayer, décide le 11 mai 1953 la dévaluation de la monnaie au taux unique de 10 francs.]

et les révélations que nous avons été en mesure d’apporter ont déclenché et déclenchent chaque jour de vives réactions dans l’opinion publique et dans les milieux parlementaires. Le congrès du M.R.P. [2]

[Note de bas de page – 2. Mouvement républicain populaire. Parti démocrate-chrétien présent dans la coalition au pouvoir au début des années 1950. Ils sont dix dans le gouvernement du radical René Mayer de janvier à mai 1953.]

y a consacré plusieurs interpellations. Mais les protestations d’honnêteté ne suffisent pas. Nous ne nous lasserons pas de répéter que la constitution d’un commission d’enquête sur le trafic des piastres est indispensable. Elle l’est d’autant plus que chaque jour qui passe nous apporte les preuves d’autres scandales et de nouvelles corruptions.

Nous avons reçu d’un officier ministériel auquel un de nos amis avait fait parvenir notre numéro du 7 mai, la lettre que nous publions ci-dessous et dont nos lecteurs apprécieront la gravité. La façon significative dont toute l’affaire a été traitée en haut lieu, le départ dramatique d’Indochine du témoin, au bout de cinq mois seulement de présence, alors qu’il devait normalement y rester deux ans, les pressions qui ont été exercées et les passe-droits qui ont été commis, tout cela montre qu’il s’agit d’une affaire importante parmi d’autres, sur laquelle la lumière doit être faite rapidement.

En publiant aujourd’hui cette lettre, nous pensons non seulement porter un nouveau coup à la corrpution qui règne dans certains milieux en Indochine, mais aussi, comme nous le dema nde l’expéditeur de la lettre, protéger la vie de son fils contre de graves menaces. A partir d’aujourd’hui en effet, tout “accident” qui arriverait à cet officier ferait peser sur un certain nombre de personnes des suspicions précises.

Voici le texte de cette lettre :

_____________________________________________

[Ce 13 mai 1953

Monsieur le rédacteur en chef

du journal L’Observateur

Monsieur,

J’ai eu connaissance de votre article du 7 mai sur le scandale de la Piastre. Je vous envoie ci-joint copie d’une lettre de mon fils, officier, qui vient d’être rapatrié d’Indochine à la suite d’une grave affaire dont il a été témoin et qui a failli lui coûter la vie.

Je serais heureux que vous donniez à cette affaire toute la publicité nécessaire car je crains pour la vie de mon fils ; si cette affaire est étouffée les coupables pourront mettre leurs menaces à exécution.

Je suis prêt à fournir aux autorités compétentes les informations complémentaires que je possède et mon fils se tient à la disposition de son Ministre et de toute Commission d’enquête qui serait désignée : il faudrait que le Commandant de la Justice Militaire en Indochine soit invité au plus tôt à venir à Paris pour exposer les faits.

D’autre part, je compte porter plainte pour menaces proférées contre mon fils. Je vous tiendrai au courant.

Veuillez agréer]

______________________________________________

Et voici le texte de la lettre de l’officier :

[Marseille, le 23 avril 1953

Cher père,

Tu vas être étonné d’avoir une lettre postée à Marseille, mais je m’y trouve depuis trois jours. J’ai été rapatrié sur ordre du ministre, après cinq mois de séjour en Indochine, pour une affaire très grave, mais je suis du bon côté de la barrière. [Pas en italique dans le texte]

J’ai l’impression qu’en Indochine le commandement se refuse à signer l’ordre d’informer, pour que cette affaire ne passe pas devant le tribunal militaire, malgré les conclusions des rapports faits par la justice militaire en Indochine, la prévôté en Indochine, et l’inspection générale de la France d’Outre-Mer. Ces trois autorités ont demandé comme moi qu’une action judiciaire soit intentée.

Voici en gros les faits :

A mon arrivée en Indochine, j’ai été affecté dans une unité en qualité de major, c’est-à-dire de vérifier la comptabilité. Je me suis rendu compte, après une semaine de travail que, depuis la création de l’unité en juin 1951 [1],

[Note de bas de page – 1. Il s’agit du Groupement de commandos mixtes aéroportés (GCMA) créé par décision du général de Lattre en avril 1951.]

de très fortes sommes d’argent étaient détournées de leur destination principale par le trésorier, lequel avait la pleine confiance du chef de corps [2]

[Note de bas de page – 2. Le lieutenant-colonel Grall qui dirige le groupe de 1951 à juin 1953.]

et était fortement soutenu par ce dernier. Celui-ci étant en mission, je fis part de ces choses à son adjoint, type parfait del ‘officier. [3]

[Note de bas de page – 3. Il s’agit du capitaine Alexandre Desfarges.]

L’intendant chargé de la vérification des comptes ainsi que le chef direct de mon commandant d’unité étaient aussitôt mis au courant. Une enquête fut ordonnée.

On essaya par intermédiaire de me mettre dans le coup, mais je refusai malgré les millions que l’on me promettait.

[Le Seigneur rappelle que les Saoudiens ont offert des “pots de vins” de plusieurs millions de dollars à des élus politiques de tous bords et de tous continents, jusqu’à 60 millions de dollars pour un Premier Ministre démis de ses fonctions en Asie, suite à une enquête d’une justice nationale, moins corrompue que la justice française, procès qui a abouti à sa condamnation et à son bannissement politique. Cette “commission” saoudienne de plus de 60 millions de dollars récompensait l’engagement personnel de cet ex-Premier Ministre dans une politique d’islamisation intense et précipitée.]

On tenta de me faire enfermer dans un asile.

[Le Seigneur rappelle que l’internement d’office en asile psychiatrique est une grande spécialité de la mafia des noyauteurs de réseaux, les francs-maçons pour ne pas les nommer, puisqu’ils n’existent pas.]

Le trésorier qui buvait parfois un peu trop, racontait que l’on allait me faire la peau sur ordre du chef de corps. [Pas en italique dans le texte]

Un beau jour, l’intendant et moi-même fûmes mutés parce que trop renseignés. Pour l’intendant, on raconta que c’était une coïncidence. Quant à moi, soutenu par de nombreux officiers propres, je me rendis à la prévôté porter plainte pour faux, usage de faux, détournement de fonds publics, menaces de mort, et je protestai contre une mutation, qui était une injustice flagrante, en attirant l’attention du commandement sur le fait qu’en cas d’échec en Indochine, je porterais l’affaire sur le plan parlementaire. [1]

[Note de bas de page – 1. En février 1953, une mission parlementaire menée par le député radical Paul Devinat, président de la sous-commission de contrôle de l’emploi des crédits budgétaires, est en Indochine.]

J’étais fortement soutenu par mon remplaçant, un Alsacien déporté qui arrivait de France et était outré de voir ce qu’il se passait. Il connaît personnellement M. Bidault [2],

[Note de bas de page – 2. Georges Bidault (1899-1983). Ministre MRP des Affaires étrangères du gouvernement Mayer. Il appartient à plusieurs gouvernements et sera président du Conseil d’octobre 1949 à juillet 1950.]

ainsi qu’André Marie [3] avec qui il avait été en prison sous l’occupation.

[Note de bas de page – 3. André Marie (1897-1914), ministre radical de l’Education nationale du gouvernement Mayer. Il appartient à plusieurs gouvernements et sera président du Conseil du 26 juillet au 5 septembre 1948.]

La prévôté, à la suite de ma plainte, me conseilla de ne plus fréquenter les lieux où je me rendais d’habitude, d’être armé en permanence et de ne jamais sortir seul.C’est ainsi que le 7 février, je m’installais à la “popote” où je devais rester jusqu’à mon départ, le 16 avril. J’ai appris par la suite que l’affaire avait été étouffée une première fois (elle devait l’être trois fois). C’est pourquoi j’ai profité du passage de la Commission du contrôle du budget militaire et c’est ainsi que j’ai été reçu par M. Devinat, président, et M. Arnal. [4]

[Franck Arnal (1898-1985), député SFIO et membre de la sous-commission de contrôle de l’emploi des crédits budgétaires.]

A la suite de cette visite, j’ai été convoqué à la direction de la justice, où on me conseilla de ne plus voir personne ; l’affaire étant dans les mains de la justice et de la prévôté, suivrait son cours. Mais à la demande de M. Devinat, j’étais convoqué par un inspecteur général de la France d’Outre-Mer, lequel a rang en Indochine de contrôleur général d’armée. Aussitôt, un officier supérieur de l’E-M du commandant en chef en Indochine se rendit auprès de ce contrôleur général, mais je n’ai pas pu savoir ce qu’il lui a raconté. Le même jour j’étais convoqué par le chef de cabinet militaire de M. Letourneau [1]

[Note de bas de page – 1. Jean Letourneau (1907-1986), Ministre MRP chargé des relations avec les Etats associés (Viêt-Nam, Cambodge et Laos sont “indépendants” depuis 1949) sous différents gouvernements d’octobre 1949 à juin 1953. De janvvier 1952 à mai 1953, il sera également haut-commissaire de France en Indochine.]

et par la sécurité militaire. Sur intervention de ce même officier supérieur, ces deux rendez-vous ont été annulés, mais jamais je ne pensais que l’affaire était encore en train de s’étouffer.

Trois jours après, convocation à l’E-M où l’on m’ordonnait de rejoindre d’urgence mon affectation à Xieng Kouang (Laos). A noter que j’étais muté au Laos en qualité de trésorier : donc on ne pouvait rien me reprocher quant à mon travail. Tout était mis en oeuvre pour m’éloigner de Saïgon afin que tout se tasse définitivement.

Je fis part de cette mutation au contrôleur général, lequel avait été, entre-temps, désigné personnellement par M. Letourneau pour effectuer l’enquête administrative. Il me déclara : “Le ministre sait que votre vie est en danger, et vous fait dire de ne pas quitter Saïgon. En cas d’ordre contraire, de jour comme de nuit, venez me voir.” [Pas d’italique dans le texte]

Au cours de l’enquête, le trésorier fut “gardé à vue” à la prévôté et interrogé. Au cours de cet interrogatoire, il a affirmé avoir agi sur ordre, a indiqué les bénéficiaires et révélé le mécanisme des détournements, qui portent sur des sommes très élevées. Il a confirmé que des menaces de mort pesaient sur moi, et dit avoir assisté à un entretien au cours duquel mon chef de corps a dit à un officier de son état-major : “Un tel nous emm Tu vas me le liquider. Si tu ne peux pas y arriver, tu vas écrire à X au Laos, qu’il le fasse disparaître à son arrivée.” [Pas d’italique dans le texte]

L’adjoint du trésorier, également présent à l’entretien, a fait une déclaration identique. Tous ces faits doivent être encore consignés dans un dossier qui se trouve à la direction de la justice militaire en Indochine.

Le trésorier a conclu sa déposition en demandant la protection de la prévôté, “car j’ai peur, dit-il, que l’on me fasse ce qui devait être fait au lieutenant”. [Pas d’italique dans le texte.]

A la fin du mois dernier, il s’est rendu à Hanoï en compagnie de mon adjoint qui était au courant de toute l’affaire. Une jeep les attendait au terrain. En cours de route : accident. La jeep a capoté. Mon adjoint a été tué et le trésorier est dans le plâtre à l’hôpital.

Pendant cette sombre histoire, d’autres faits nouveaux sont apparus : j’étais toujours en fonction quand un sous-officier de mon unité me dit : “Mon lieutenant, il y a des caisses suspectes qui sont arrivées. Elles se trouvent au magasin d’armement. C’est louche parce que ce sont des cantines en fer cadenassées, cerclées, dans la paille et le tout dans un sac : c’est certainement quelque chose de louche.” [Pas d’italique dans le texte] Je rendis compte à la prévôté. Cette autorité interrogea le trésorier. Celui-ci déclara que c’était de l’opium : il y en avait 1 600 kilos (l’opium vaut 800 piastres le kilo à l’achat au Laos, et 18 000 à la vente à Saïgon). Cela a été vite ébruité et tout Saïgon ne parlait plus que de l’opium. L’affaire semble être très grave et je ne puis t’en dire davantage.

Fin mars, je n’ai pas perçu ma solde, mon unité prétextant que, muté au Laos, je devais la réclamer à ma nouvelle unité. Je me rendis une fois de plus au contrôle de l’armée qui alerta le Cabinet militaire de M. Letourneau. Le vendredi 10 avril, à 11 heures, j’étais convoqué au cabinet de M. Letourneau et je demandais à avoir un entretien avec le ministre. On me demanda de me tenir prêt à rejoindre Paris par l’avion du mardi matin.

[- Ah, les erreurs administratives, oublis de paies, omissions de primes ou titres de perception pour des trop-perçus réclamés indûment ad vitam aeternam, un grand classique de la persécution mafieuse genre P2 !

– Quand les poules auront des dents, nous aurons peut-être enfin une opération “Mains propres” en France, à condition de virer tous ces juges ripoux et maçonniques, maçonniques donc ripoux,

  • la fraternité des crapules et des cagoules !]

Le samedi matin j’étais convoqué à l’E.-M. où l’on m’apprenait que j’étais muté au Tonkin. L’officier qui s’occupe des mutations m’a déclaré qu’il avait reçu des instructions formelles pour me mettre en route le plus tôt possible. Je lui dis que n’ayant pas encore perçu ma solde, je ne pouvais quitter Saïgon avant mardi matin. J’en rendis compte aussitôt au Cabinet de M. Letourneau. A 11 heures, il y avait réunion de notre amicale. Nombreux étaient ceux qui étaient au courant et qui savaient que si je quittais Saïgon, j’étais sûr de “mourir pour la France” avec une belle citation !

Malgré une série incroyable d’obstructions, [Rien n’a changé depuis la guerre d’Indochine et les trafics d’opium. La mafia règne en maître partout en France !] j’ai eu mes papiers : passeport, ordre de mission et billet d’avion pour le mercredi soir. Après le déjeuner, vers 14 heures, arrivèrent trois officiers de mes amis qui me supplièrent de me cacher jusqu’au départ de l’avion. On me fit escorter au terrain d’aviation par deux officiers armés. De nombreuses personnes m’accompagnaient et, en particulier, un officier du Cabinet militaire. Ils n’ont pas quitté le terrain jusqu’au départ de l’avion. On s’attendait à quelque chose. A Orly, un officier me remit une lettre du ministre me convoquant à son cabinet à 11 heures. J’eus un entretien d’une demi-heure avec lui. J’espère que l’affaire sera reprise à Paris, car M. Letourneau m’a assuré que la lumière serait faite et que la justice suivrait son cours.

Etant militaire et tous mes chefs étant prévenus, je ne sais que faire, mais je ne voudrais pas que cela en reste là. Tu connais les questions juridiques, et je sais comme tu es “à cheval” sur ces questions d’argent. Je souhaiterais être convoqué à Paris par les services compétents du ministère de la Défense nationale dont je dépends.

On m’a bien recommandé de suivre l’affaire, car si on l’étouffait, j’en subirais les conséquences par la suite.

[Grâce à la technique devenue classique de l’inversion accusatoire, une technique maçonnique consistant à faire de la victime un coupable idéal qui deviendra l’auteur d’un délit épouvantable,

  • celui de “dénonciation calomnieuse” contre un “frère La crapule”, sous la cagoule,
  • et grâce au temps judiciaire qui se raccourcit ou s’allonge selon que “vous en êtes ou pas”,
  • et selon que vous soyez puissant ou pas, riche ou pas !]

Je n’ai rien à me reprocher et je crois avoir fait mon devoir en signalant ces faits à mes supérieurs. Je voudrais, si tu peux, que tu rentres en relations avec les autorités ci-dessous, toutes désireuses que l’affaire ait la suite qu’elle comporte (suit une liste de personnalités militaires et civiles).

Je voudrais que toutes ces personnes qualifiées te donnent leur appréciation sur cette triste affaire, à titre personnel. Comme je le disais à M. Letourneau, j’avais la foi mais j’ai été trop déçu par ce que j’ai vu…

______________________________________________

[Sous-partie] QUELQUES QUESTIONS

Dès réception de cette lettre, nous avons demandé des renseignements complémentaires et des précisions à l’un de nos correspondants d’Indochine. Il nous a été répondu que l’on était à Saïgon assez ému par ces deux affaires – celle des détournements porte sur une centaine de millions de francs, celle de l’opium sur un demi-milliard – et que l’on s’y étonne qu’aucune suite ne paraisse jusqu’ici y avoir été donnée.

Nous avons assez souvent porté des accusations contre la politique de M . Letourneau pour reconnaître que, dans cette affaire au moins, son attitude semble avoir été correcte puisque c’est uniquement grâce à son intervention et à celle de ses services que l’officier a pu quitter l’Indochine, malgré les obstructions venant de haut. De même, l’intervention de la commission présidée par M. Devinat a permis un commencement d’enquête. Mais il faut maintenant aller plus loin. Le ministère des Etats associés est au courant de l’affaire. L’officier, nous dit son père, se tient à la disposition du ministre de la Défense nationale : nous-mêmes tenons son nom à la disposition d’une commission d’enquête parlementaire.

Nous savons que le chef de corps, responsable des détournements, a été rapatrié en France vers le 25 avril, sans qu’aucune poursuite ait été exercée contre lui en Indochine, alors que certains comptables ont été arrêtés pour des détournements de quelques centaines de piastres ; en sera-t-il de même en France ? Est-il exact qu’un officier [1]

[Note de bas de page – 1. Il s’agit du capitaine Desfarges qui avait entre ses mains les fonds issus de la vente de l’opium et qu’il acheminait dans les locaux du GCMA. Il est libéré sur la demande du colonel Gracieux, sous-chef de l’état-major chargé des opérations du général Salan et qui s’occupe plus particulièrement des relations avec les services spéciaux.]7

de cette même unité a été arrêté porteur d’une valise dans laquelle se trouvaient 2 millions de piastres dont il n’a pu expliquer la provenance, mais qu’il a été relâché sur l’intervention d’une importante personnalité du haut commandement ?

[- Ah, les porteurs de valises souvent diplomatiques de la “Françafric” contenant des millions de francs CFA, d’euros ou de pétrodollars, par le circuit occulte des grandes loges de France !?

– Non, ce n’est pas une invention de complotistes fous qui voudraient méchamment renverser l’Etat français, un état narcotrafiquant gouverné par des consommateurs et des dealers de stups.

  • Combien de nos gouvernants et parlementaires seraient contrôlés positif aux stups ?]

Quant à l’affaire de l’opium, elle semble mettre en cause une des plus hautes personnalités de l’armée, ce qui explique les interventions répétées de l’état-major du général Salan, alors commandant en chef en Indochine, pour étouffer l’affaire et pour empêcher l’officier dont nous publions la lettre de venir en France. Nous savons qu’un rapport sur cette affaire d’opium a été remis au gouvernement vietnamien qui pourra un jour le sortir quand il le voudra. Cet opium qui avait été entreposé dans un local appartenant à l’armée, a aujourd’hui disparu et, selon nos renseignements, les douanes n’auraient pas réussi à le récupérer.

[Les disparitions de scellés en France se comptent par milliers et n’ont jamais donné lieu à aucune investigation judiciaire sérieuse ni permis d’identifier des coupables qui auraient dû être sanctionnés au moins pour négligence, sinon pour vols ou pour destruction de preuves qui sont autant d’entraves au bon exercice de la Justice.

Les disparitions de scellés les plus choquantes sont celles liées à des meurtres d’enfants dont l’exemple le plus scandaleux demeure la destruction volontaire de cadavres d’ENFANTS par le parquet de Grenoble, parquet chargé d’instruire l’affaire Maëlys.]

Des éléments civils, bien connus à Saïgon, sont mêlés à l’affaire et ce sont eux qui menacent de mort l’auteur de la lettre. Qu’a fait le haut commandement français pour le protéger ?

Cette affaire, celle des malversations dans l’armée, celle de l’opium comme celle du trafic des piastres, doivent être éclaircies au plus tôt.

L’Observateur

Source : “Un officier d’Indochine accuse”,

L’Observateur, 28 mai 1953, p. 12.

__________________________________________________________

J’ignore pourquoi mais c’était très important pour le Seigneur que je vous rappelle ces faits HISTORIQUES.

Le niveau de CORRUPTION en France atteint des sommets vertigineux tout autant vertigineux que le précipice dans lequel notre pays va bientôt sombrer par la faute de ces hommes si peu vertueux.

– “QUI DETESTENT LA VERTU, cette qualité de l’homme public, un devoir d’exemplarité,

  • et REJETTENT le simple mot de “VERTU” !”

Reçu du Seigneur pour vous le faire savoir.

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