Souvenir de vacances : – le retour !

{Article trop long à lire, passez votre chemin, petits curieux !

Ou alors, audacieux, trépassez.}

Les places les plus chaudes en enfer sont réservées aux indécis qui restent  neutres en temps de crise normale. - Citations Proverbes et Poésies

– Vous avez remarqué ?

Finalement, ce qui est le plus marquant après les vacances, c’est le jour d’après !

Donc, je suis revenue de vacances car il faut bien rentrer un jour, retrouver sa vie d’avant, ses amis, ses emm.rds et ses amours, comme le chantait si bien le regretté Charles Aznavour, mais pas dans le même ordre de priorité.

Je savais que j’allais le retrouver.

– Fini les vacances, les vacances du coeur, le repos, la tranquillité, la sérénité !

Retour à l’amour.

– Enfin, si c’est l’amour…

Comme toutes les femmes, le premier rendez-vous, la première rencontre est visualisée, accessoirisée et actualisée, parfois même alcoolisée pour se donner des forces ou se deshiniber un peu,

– pas beaucoup, hein ?

En fait, je ne bois jamais d’alcool.

… Pas assez folle pour ça !

Je me retrouve devant ce grand bâtiment que je connais trop bien et je vais devoir rentrer dans la vie active comme si, avant, rien n’avait existé, jamais.

Jamais je n’avais aimé.

Jamais il n’avait aimé.

Je veux contrôler la situation.

Aussi je passe par une entrée latérale plus discrète.

Normalement, j’ai tout visualisé.

Tout est dans ma tête et j’ai vidé mon coeur de lui.

Je sais par où passer pour ne pas tomber sur lui.

Et surtout je sais où me placer pour m’effacer complètement, presque totalement, de sa vue, de sa vie.

Quand tu n‘es plus “personne”, sans pouvoir établir de “relation personnelle” avec l’autre, tu dois disparaître ou t’efforcer de faire comme si tu avais disparu de sa vue, de sa vie.

– Peu importe les raisons qui l’ont poussé à écrire ce message, juste après que tu l’aies renvoyé à sa vie d’avant, sa vie sans toi, ta vie sans lui !

– C’était plus sage, n‘est-ce pas ?

C’était plus sage de le pousser, lui, à te repousser pour te libérer de lui.

Et puis, tu n’aimes pas la présence virtuelle, sa présence virtuelle, qu’il soit là sans être là, près de toi.

Tu préfères l’absence réelle et rompre, interrompre le fil d’une histoire qui n’existe pas, sans lui dans ta vie.

Or, aujourd’hui, toi qui n’es plus personne pour lui, tu dois revenir dans sa vie, sans le vouloir, par hasard, comme la première fois, quand tu n’avais pas envie de le connaître… à cause de tous ceux qui n’ont qu’une envie, eux, te connaître.

Tu rentres, confiante, tu pousses la porte latérale parce que l’amour fatal rend aveugle et que, toi, la voyante, avec lui, tu te plantes assez souvent, tandis que, lui, semble prévoir plus facilement ce que tu prépares… savoir par quelle porte tu vas passer, par exemple.

C’est à ce moment-là que tu l’aperçois.

Normalement, habituellement, il n’est pas là :

– c’est la première fois que tu le vois, là, à cette heure !

Cette première fois où tu ne devais plus le revoir, seul espoir de te sortir de cette histoire.

Tout le scénario est à changer.

– Impossible de faire demi-tour !

Sauf à vouloir se ridiculiser.

– Auto-dérision !
Comment casser son image trop sage ? En se moquant de soi naturellement.
Si, après cela, il m’aime encore et surtout me désire toujours, alors…

Il est sûr de lui, presqu’arrogant, mâle dominant dans toute sa splendeur estivale, le teint hâlé, toujours aussi grand par la taille et par la prestance, une grandeur physique qui te diminue singulièrement, parce qu’il te faut lever les yeux pour le regarder comme un dieu… dans les yeux, ses yeux qu’il a magnifiques.

Tu sais qu’il t’a vue.

Tu chavires un instant.

– Tu vires vers…, la droite, la gauche ?

De toutes façons, il te faut tourner, tourner autour de lui, comme si tu lui faisais la cour, ce qui n’était pas pour te déplaire quand tu inversais les rôles, mais ça, c’était avant, avant les vacances, les grandes vacances, son absence beaucoup moins drôle.

Donc il te faut le contourner, contourner l’obstacle, sans te donner toi-même en spectacle.

Ton tentateur prend un café et deux ou trois personnes l’entourent.

– Il n’a d’yeux que pour toi !

Et tu le soupçonnes de se comporter ainsi, impoliment avec ses interlocuteurs, hardiment exhibant son intérêt exclusif pour ta personne, “ex-ce-près” quand tu passes très près de lui, trop près de lui à ton goût, lui qui se tient là, interactif, où tu dois passer, à l’angle de vos deux vies.

– Encore les leçons débiles d’un coach en séduction conseillant à son client masculin de montrer l’intérêt sexuel qu’il porte à une femelle, en lui décochant des flèches de Cupidon :

… la déshabiller du regard, la dévorer des yeux, l’attirer, la coller à soi, la scotcher par une attitude érotique sans équivoque possible !?

– Le choc des cultures masculine et féminine ?

Le langage non verbal, seulement physique, purement physique, brutalement physique, âprement physique, presque sauvage, comme le désir avide du mâle qui fait mal au ventre de l’homme qui veut posséder une femme, l’avoir pour lui, au moins une fois, la prendre, une nuit, un jour,… une heure ?

– Tu me donnerais combien, chéri… pour une heure ?

… Tant qu’à être regardée comme une pute, autant en tirer profit, non ?

Tu pourrais appeler ton mateur (est mateur celui qui mate), le héler, relever le défi.

Tu aurais dû le faire car tu devais lui demander une faveur, celle de ta présence.

– “Me voulez-vous présente en cette heure ?”

C’est impossible !

Il est trop… trop… trop… sexy.

Oh, voilà que, subitement, ses interlocuteurs s’étonnent de voir ton séducteur s’écarter d’eux.

Il faut dire qu’il avait bien choisi son angle d’attaque :

– le tueur pouvait me voir arriver, lui, les yeux rivés sur cette porte latérale, tandis que ses collègues me tournaient le dos.

Non, rien n’a changé.

Si son écriture reste froide et académique, roide et classique, le comportement du mâle est hot, very hot.

– A l’inverse de moi !

Moi, je lui écris librement ce que je veux.

L’écriture est un jeu, un jeu courtois, comme dans ces salons littéraires de la fin du XIXème siècle racontés par les femmes de ma famille de génération en génération avec leurs étiquettes et leurs règles ancestrales codifiant des modes de communication intuitive et inventive, la communication féminine coquettement arbitraire.

C’était le temps où les femmes tentaient d’apprivoiser le désir brut du mâle, ce rut fatal et incontrôlable qui les faisait basculer dans l’univers improbable du sexe masculin :

– dix secondes, montre en main !

Par contre, autant l’écriture du troubadour que je suis virtuellement est brûlante, autant la figure de l’amour que j’incarne physiquement dans le quotidien reste glaçante, au contraire de lui.

Donc, me voilà en train de tourner autour de lui, comme la terre tourne autour du soleil, culte phallique éternel et flamboyant.

J’évite de le regarder.

Il est trop beau, trop cabot, trop chaud, trop hot, very hot :

– Tout son corps n’est plus que “sex-appeal”.

[ If you want my body and you think I’m sexy
Come on, sugar, tell me so (tell me so)
If you really need me, just reach out and touch me
Come on, honey, tell me so
Oh yeah, yeah, yeah
Yeah, ooh, ooh
I like this, I like this, I like this
[…]]

Ma rockstar me contemple ostensiblement, se fichant éperdument d’être seul ou pas, à son habitude insupportable en public, s’autorisant tous les caprices, délices de ses admiratrices impudiques, favoritisme inexplicable qui me vaut la jalousie de toutes les autres femelles éperdument amoureuses de lui.

La preuve, son attitude surprend ses collègues qui échangent des regards perplexes.

… But it’s sex, only sex, what else ?

C’est mon fauve !

Intenable en société.

Il ne répond plus à leurs questions directes, à leurs interrogations circonspectes.

Il est tendu vers un seul objectif, captif d’une seule tension intérieure l’incitant à me poursuivre des yeux et l‘excitant toujours davantage à chaque pas obligé fait par moi en sa direction.

Pour un peu, nous aurions pu danser un pas de deux, un tango argentin de préférence, la nouvelle danse de salon à laquelle je m’initie par passion.

Tout son être irradie une sensualité provocante, une sexualité ravageante qui m’attire et me tire à lui comme le papillon de nuit qui va venir se brûler à la lumière de la flamme d’une lampe étincelante .

Mais je le dépasse et le visage des hommes qui me voient enfin passer devant eux s’éclaire, affichant un sourire de connivence proprement latine qui ressemble à s’y méprendre à de la concupiscence évidemment masculine.

Les ravis me regardent longuement et, là, franchement, j’ai très légèrement l’impression d’être devenue une danseuse du Crazy Horse à moitié nue qui se serait égarée dans le hall d’une Inspection d’Académie provinciale.

Pourtant, je suis vêtue d’un tee-shirt à manches mi-longues et d’un jean classique.

Victimes d’une hallucination collective, ces mâles regardent défiler une danseuse, plumes d’autruche collées au cul, sur une scène du Moulin Rouge.

J’ai une très forte envie de revenir sur mes pas pour souffleter mon mufle favori, (un Bélier, c’est pareil qu’un mufle) à l’exemple de ces femmes des temps galants qui défendaient leur vertu à coups d’éventail vigilant.

Manuel du mufle: enseigne aux autres la bonté. Tu peux avoir besoin de  leurs services.

– Mais aurait-il seulement compris pourquoi, ce mâle dominant qui plaît tant aux autres femmes ?

– Aurait-il compris pour quelle raison je l’aurais souffleté, ce beau spécimen si viril de l’espèce humaine, en cette époque sans éthique, ni étiquette, où les hommes infantiles ne savent plus se tenir et les femmes trop faciles les retenir ?

Puis, juste avant de monter les marches de l’escalier menant au premier étage, là où j’aurais pu dans mon scénario initial facilement éviter le piège de cette rencontre, tout sauf hasardeuse, je l’ai encore entr’aperçu se pencher comme un petit garçon curieux de voir ce qui se cache sous les jupes des filles, sauf que, ce jour-là, je ne portais pas le jupon mais le pantalon, conquête des femmes modernes.

– Enfin, trésor, toi que les femmes adorent plus que tout l’or de la Banque de France, si j’avais été en mini-jupe ou mieux en mini-robe avec de gros nichons, comme une certaine spécialiste en informatique, j’aurais compris que tu veuilles jouer au docteur avec moi !

J’adore aussi jouer à la poupée avec les hommes.
Décidément nous avons beaucoup de points communs avec Constance.
– “Chéri, mais où vas-tu ? Ne pars pas. Reviens !”

Mais, là, qu’avais-je à montrer pour te voir ainsi pris, “surexcité”, à fixer

… quoi de moi ?

– Faites-moi penser, pour Noël, à offrir à ce spécimen mâle si beau et si viril de l’espèce humaine le livre du “Bonheur de séduire et l’art de réussir” de la Baronne Nadine de Rothschild.

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– Pour ce qui est de savoir faire l’amour, il a déjà atteint le point culminant de la physiologie féminine, le point G.

Pour confirmation de cette affirmation, prière de bien vouloir vous adresser à l’une de ses dernières conquêtes, moins fières et carnassières que moi, la louve solitaire, mais oh combien plus expérimentées et patentées en amour… si c’est de l’amour.

Eduquée pour devenir l’épouse de… et la mère des enfants de…, encore un point commun avec la “Princesse Constante” si charmante et surtout tellement gentille, n’est-ce pas, Constance ?

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Article écrit, par jeu, dans le cadre d’un amour courtois, ma foi, pour rire de moi plus que de lui, avant d’écrire l’article sérieux sur les élections américaines à la demande de Celui en qui plus personne ne croit.

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