– Message d’avertissement : post interdit aux moins de seize ans. Règlement de comptes à « Pan pan Q Q » !

Je bloque.

– Oui, je bloque sur un problème de compréhension du comportement masculin.

Il paraît que les femmes sont compliQées, mais alors les meQs, j’te jure, c’est pire.

Donc il bloque, je bloque sur ce blocage et je le supprime, je supprime tout, et il bloque à nouveau etc…

– Je débloque quoi !

Au sens figuré, parce que, moi aussi, j’ai mon orgueil.

Bref, tout est bloqué.

C’est l’écueil sur lequel chavire la barque de mon amour.

Depuis le temps que je veux couper ce lien, là, c’est réussi, tellement réussi que, – comment dire ?,

si c’est ça le goût de la réussite, je préférerais encore celui de la défaite.

D’abord je n’aurais pas dû désobéir.

Mais, digne fille d’Eve et descendante de Lilith, il suffit de me dire :

– « Non, c’est interdit ! Tu n’iras pas sur son compte Tintin » pour que j’aille sur son compte Tintin.

  • Du coup, tintin désormais pour communiquer avec lui !

Il faut comprendre la psychologie féminine.

Or je suis une femme, sans aucun doute, avec davantage les défauts du sexe féminin que ses qualités.

– « Non, Eve, tu ne toucheras pas le fruit du bien et du mal ! » a dit le Seigneur.

– « Ah oui, pourquoi ? »

  • Le seul moyen de le savoir, c‘est de cueillir le fruit de l’arbre du bien et du mal, non ?

Logique féminine imparable et incomparable depuis que Lilith a ouvert la boîte de Pandore pour juste savoir ce qu’elle contenait ou que la dernière femme de Barbe Bleue a voulu se servir de la clef qu’il ne fallait pas utiliser, jamais, la clef du souvenir, celle qui te permet de connaître toutes les « ex » que ton mec a conquises.

Généralement, ça se termine par une litanie de :

– « Souviens-toi la fois où tu m’as trompée avec et avec…, et déjà avant, de toutes façons, tu trompais ton ex et ton ex d’avant avec et avec… ! »

Tu le sais si bien que la dernière fois où il a trompé son officielle, c’était justement avec toi.

Le tue-l’amour le plus efficace, c’est le casier judiciaire de ton homme, pas celui de la justice, mais celui du reproche factice, l’esquisse de vérité, quand tu veux le faire mourir dans ton coeur.

Mais moi j’ai une excuse-béton, je ne savais pas que ce serait aussi dramatique si j’allais sur son compte Tintin.

Donc, me voilà, fille d’Eve et de Lilith devant son compte Tintin, très tentée d’aller taquiner le goujon, goujat à ses heures, comme il me le prouvera très rapidement, quasi immédiatement avec succès.

– Qu’est-ce que vous voulez, moi, j’aime les hommes, les vrais, à la psychologie féminine déconstruite, bref les mâles qui réagissent au quart de tour et qui vous plantent alors que vous n’avez même pas encore terminé tout ce que vous aviez envie de faire… de leur faire, surtout !

– « M’enfin, chéri, je n‘ai rien fait ! J’veux dire, pas tout fait, quoi. »

Et subitement tu te retrouves devant une porte fermée.

Même s’il s’agit de sa résidence secondaire, le réseau Tintin, et que tu es à la porte avec ta petite valise de secours , avec ou sans petite culotte, tu l’as mauvaise !

– OK, tu peux aller le voir dans sa résidence principale, le réseau Fesse-Bouc.

Mais voilà, tu as apprécié très modérément sa manière de procéder.

Aussi, lorsque tu reviens dans sa résidence principale, le réseau Fesse-Bouc, tu en profites pour vider tous les placards et les tiroirs de commode de tes affaires, jusqu’à la petite culotte bleue que tu ne mettras jamais.

Donc tu as pris tes cliques et tes claques, en le retirant de tes contacts, ce que les voisins appellent la liste d’amis, un peu comme une claque que tu aurais souhaité vivement lui mettre au visage pour t’avoir fermé la porte de sa résidence secondaire.

Maintenant, s’il veut te revoir, il lui faudra manifester formellement son désir devant tous les voisins, les « amis » de ta liste, en répondant à ton invitation, ultime faiblesse de ta part comme un geste de rattrapage pour avoir tout retiré de sa vie et de ta vie sur sa page Fesse-Bouc et la tienne.

  • Et c’est là que tu découvres, normal, que ton mâle n’est pas docile,
  • – sinon tu ne l’aimerais pas !

Il te fiche dehors de sa résidence principale aussi, il bloque son compte, non pas son ou ses comptes bancaires !, ayant sans doute constaté qu’il ne restait plus une trace de toi chez lui et de lui chez toi parce que tu avais pris, repris toutes tes affaires.

Première réaction de ta part :

– le soulagement !

Enfin, depuis le temps que tu voulais couper ce lien, redevenir libre de ne plus t’occuper que de toi-même, voilà, c’est gagné.

L’histoire est terminée.

– Une histoire, c’est quoi ?

C’est un récit écrit où tu le racontais pour mieux le garder près de toi, surtout quand il n’était pas avec toi.

Tu te libères.

Tu dis :

– « Salaud ! », en pensant très fort et encore, « chéri » et « mon amour », ce qui est ridicule, tu l’admets.

Et tu ne peux pas t’empêcher de t’attendrir sur lui parce que… :

  • mais qu’est-ce qu’il est bête alors, mais bête  !
  • C’est bien un mec.

Mais, dans ta tête, il occupe néanmoins toute la place et dévore ton espace intérieur.

– Il faudra bien, pourtant, écrire la dernière page du livre, de ton livre.

Tu ne peux pas t’empêcher de sourire, en repensant à lui, malgré toi :

  • c’est un killer !

Tu le savais.

Tu t’imagines, allant vers lui, vers ton grand fauve.

Tu changes le texte du scénario :

– Tu fendras la foule autour de lui comme lui l’avait une fois pour toi, sauf que toi, tu ne t’arrêteras pas pour dire « Bonjour ! » à des gens qui ne t’intéressent pas.

Tu n’as pas besoin de prétexte pour aller vers lui.

Tu iras vers lui, directement, frontalement, ignorant les autres, tous les autres.

Et tu t’arrêteras, très près de lui.

Il faudra le regarder dans les yeux, ses grands yeux ambrés adorés, pour recréer le contact, mais pas trop longtemps pour ne pas te noyer dans ses yeux si beaux, « amber eyes ».

Tu baisseras doucement ton regard et tu l’attraperas par la cravate, ce symbole phallique qui orne toujours ses costumes de ville, alors qu’il n’en a pas besoin, étant déjà fort bien doté naturellement, sans cravate.

Et tu lui diras simplement :

– « Viens ! » en tirant sur sa cravate pour l’attirer vers toi et en te moquant du regard des autres et de ce que les autres peuvent penser de toi.

D’ailleurs tu t’es toujours moquée de ce que les autres pensent de toi, sauf que sa position de prestige l’oblige, lui, à tenir compte de sa réputation et de sa E-réputation.

– Mais quelle importance !

Pour une fois, c’est toi qui tenteras de prendre l’initiative, sans le fuir.

Il te cédera, du moins dans ton scénario hollywoodien, et il te suivra, toi, sa fugitive jamais captive.

Puis, vous vous arrêterez, à l’abri des regards indiscrets, comme deux collégiens pour qui ce serait une première fois.

Il se penchera vers toi, de la même manière lointaine et incertaine que celle adoptée lors de cette première fois où tu n‘avais rien compris à ce qu’il voulait faire, t’interrogeant sur le fait que tu aurais un bouton d’acné sur le bout du nez ?, avec cet air tendre et amusé, cette flamme dans le regard qui trahissait sa tension intérieure devant ton embarras perplexe et sa peur que tu ne le repousses.

– Pouce !

  • Impossible de rester sage avec lui, même quand je suis fâchée contre lui, tout contre lui.

– C’est ainsi que je me vengerais de mon beau mâle !

Si c’est mal, que Dieu me pardonne, ce qui devrait être le cas puisqu’Il l’a plutôt à la bonne au point de me demander si, un jour, j’arriverais à couper ce lien avec mon fauve pour de bon ou pour de mâle.

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