La voie du milieu, la voix diplomatique, c’est son choix : – « Comprendre la crise catalane, c’est bien, mais la crise russo-ukrainienne, ce serait mieux, telle est votre lettre de mission » dit-il.

Après au moins deux à trois semaines de nuits plus ou moins blanches, j’ai cédé.

Je ne le nommerais pas.

Je le décrirais :

– il est grand avec une allure chaloupée.

Il incarne la figure de la résistance en France.

Et il s’est mis dans la tête qu’une personne pouvait l’incarner aussi, un personnage falot habituellement, pâlot actuellement, peut-être un peu ballot parfois, aussi, si, si, perdu dans un contexte d’une rare médiocrité intellectuelle.

Le Général de Gaulle vole à son secours, comme d’hab, et me rappelle :

– « Un falot, en argot militaire, c’est aussi un conseil de guerre !

Donc ce terme peut désigner un conseiller de guerre s’il s’agit de se placer sous son éclairage. »

Quant au ballot, le Général connaît un autre ballot célèbre qui disait de lui-même :

– {« J’ai été tellement agité, balloté, tiraillé par les passions d’autrui… », un certain Jean-Jacques Rousseau} 

  • philosophe qui aimait tant rêver lors de ses promenades en solitaire.»

Soit, j’abandonne :

– « C’est quelqu’un d’extraordinaire et de fabuleux, évidemment. »

Le Général sourit :

– « Oui et c’est pour cette raison qu’il est est tant aimable ! Dommage qu’il ne s’aime pas lui-même.»

Le grand homme continue :

– « Trêve de boniments et de balivernes, peu m’importe vos états d’âme. Il doit maintenant s’inscrire dans l’histoire de ce siècle et il n’est plus temps de se complaire dans la dépression systématique ou les impressions romantiques de Mistinguett. »

Mistinguett lui répond :

– « Il ne vous lira pas, ne croit en rien et encore moins en lui-même ! C’est mal barré et, de toutes façons, il a barré la communication.»

Soupir agacé, me semble-t-il, de mon interlocuteur :

– « Il vous lira ! Et vous le saurez tôt ou tard. Il vous lira parce qu’il sait que vous le connaissez mieux que lui-même et, parce qu’au fond de lui, il sait aussi qu’il n’est pas à sa place. 

– Reprenons et ne m’interrompez plus, jeune damoiselle uniquement préoccupée de votre petite personne !

Donc je disais, à lui transmettre, qu’il le veuille ou pas, sa lettre de mission :

– il a huit mois maximum pour écrire son bouquin sur la crise russo-ukrainienne, huit mois, pas un jour de plus. »

Moi :

– « Pourquoi « son bouquin » et ne pas dire « son livre » ? »

Le Général s’amuse :

– « Mademoiselle se vexe parce que je rabaisse son grand homme à elle. 

Rappelez-vous quand vous le compariez à Gaston Bouthoul, l’illustre sociologue oublié de nos jours, qui a créé l’Institut français de polémologie et qui était persuadé que l’étude des causes de la guerre était le seul remède pacifique à la non-répétition des erreurs du passé.

  • Casser la tautologie de l’ignorance humaine et de la vaine arrogance !»

Moi :

– « Il n’est pas à moi, mon Général, même s’il est grand, et pas sûr qu’il s’appartienne à lui-même, le polémologue. »

Ce n’est pas Gaston Bouthoul, le polémologue français mais Alexandre Parodi, le résistant français

Le Général explique, feignant de ne pas m’avoir entendue :

– « « Son bouquin », pourquoi « son bouquin » ?

Je dis « son bouquin » au lieu de « livre » car votre paltoquet a écrit courageusement contre tous les vents et courants de pensée en vogue une sorte de manuel pour les « Nuls en histoire contemporaine ».

– Oui, l’homme est courageux, je le répète, et l’historien très lucide, plus sur son histoire enseignée que sur l’histoire de sa vie.

Mais, après tout, les cordonniers sont toujours les plus mal chaussés.

Il doit s’incarner maintenant, épouser son destin, je ne vois pas d’autre terme et vous interdis de le changer.

Tous les conflits à venir prendront leur source dans cette volonté d’indépendance de quelques régions frontalières en Europe, sachant que la plus importante source de conflits et la mieux identifiée par les historiens contemporains reste la zone des Balkans.

Mais le seul qui saura apporter une vision personnelle, singulière et forte, sans concession aucune sur les causes et les conséquences des choix malheureux qui ont provoqué la guerre russo-ukrainienne, c’est lui !

  • Entendons-nous, Véronique : – ce ne sera pas le chef d’oeuvre littéraire du siècle !

Je vous connais et vous voudriez aussi qu’il devienne un « Victor Hugo !

[– La honte ! Même pas vrai… Il deviendra ce qu’il veut, na !]

Non, il s’agit de décrire objectivement et factuellement, pour ne pas écrire « scientifiquement », ce mot « scientifiquement » qui fait polémique , adverbe appartenant au vocabulaire des sciences exactes et dont les sciences humaines se travestissent pour couvrir pudiquement ce qu’elles sont et resteront, des sciences aléatoires et soumises au pouvoir arbitraire qui les dirige…

Donc, je reprends, il s’agit de décrire objectivement et factuellement les débuts d’une Troisième Guerre Mondiale et d’empêcher le pire.

Lui saura se faire écouter de toutes les parties et apporter une vision de l’avenir à la table des négociations.

Là, je devrais vous satisfaire, Madame la Philosophe, qui ne supportez plus d’entendre ce mot « scientifique » mis à toutes les sauces d’une certaine imposture intellectuelle.

  • Car je vous rejoins sur ce point !

Cependant, reconnaissons à ce type d’intellectuels tel que lui une stature cérébrale rare.

  • Dommage qu’il se soumette autant, dans son milieu, à des imbéciles qui ne lui arrivent pas à la cheville ! »

Moi :

– « Mon Général, il va avoir les chevilles qui vont enfler si vous continuez à brosser son portrait tel un seigneur de guerre ! C’est un peu exagéré vu son manque d’enthousiasme à affronter son destin politique.

Il me rappelle « Gédéon », ce personnage biblique du « Livre des Juges » dans l’Ancien Testament qui demandait tout le temps des signes à Dieu car il ne croyait pas en son destin, à se demander même s’il croyait en l’Eternel, son Dieu. »

Réponse étonnante du Général :

– « Vous parlez d’or, Véronique ! Gédéon, c’est l’épisode des Madianites. Or, je souhaite, s’il le veut bien, votre « Gédéon », qu’il s’intéresse de près, de très près à un autre épisode d’une autre guerre, une guerre aussi biblique, à mon avis, que celle de « Maïdan ».

Vous noterez l’homonymie phonétique presque semblable.

Celui qui vous a inspiré cette comparaison, à mon avis, ne l’a pas soufflé par hasard.

  • Et l’Esprit souffle où il veut !

– Dites-lui que c’est « Maïdan », l’origine du conflit.

Je n’en dirais pas plus, comme il vous l’écrit parfois à regret. 

[- « à regret » ? Pfff…...]

Faites-moi plaisir, Véronique !

  • Essayez de concevoir, une seule fois dans votre vie, qu’un homme puisse choisir sa réputation plutôt que le déshonneur ! »

Moi :

– « Être en vérité est le seul honneur que je connaisse dans cette vie, mon Général ! Le reste n’est qu’un théâtre d’ombres, la caverne de Platon. »

– Oui, je suis folle ! Je veux être en vérité.

Re-soupir du grand homme :

« Quoiqu’il en soit, la vérité en ce monde n’est pas acceptée. Il vous prouvera néanmoins être capable de faire accepter la vérité historique. Il vous le prouvera à vous, mais, surtout, il se le prouvera à lui-même et affrontera avec ce courage qui le caractérise quand il est lui-même, « en vérité » pour reprendre votre expression, les médias du mainstream et les politiciens incultes.

Il prendra alors enfin le chemin qui est le sien, celui de la diplomatie, pour s’asseoir à la table des négociations sous le falot.

  • C’est son destin, à votre ballot ! 

Et vous comprenez maintenant pourquoi, le 20 décembre 2021, dans un article qui a été publié sur ce blog, je vous avais demandé de recopier un extrait de mes « Mémoires de guerre » pour lui indiquer son destin, avant l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

  • Maintenant, en ce temps de guerre advenu, il sait que ce n’était pas un hasard !

Il est à la croix des chemins,…

[Pas « croisée » ?]

– Non, sur le chemin de son destin à lui, votre grand homme.

Et s’il continue de croire au dieu du hasard qui jetterait les dès du « fatum » à l’aveugle, alors, plus personne ne pourra rien pour lui, ni vous, ni moi, pas même Dieu qui nous laisse libres de croire ou pas en Lui et en notre destin. »

Alexandre Parodi (1901-1979) – Delegate from France to the United Nations

Woodmere – Art Museum

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