– A mon guerrier Maasaï !

Tu as repris ta route, cette routine du quotidien que tu supportes de moins en moins.

Tu croises à nouveau tes longues jambes sous un petit bureau dans lequel tu t’encastres de plus en plus péniblement.

– Tout est devenu trop petit pour toi, mon amour !

Tu te castres toi-même et tu es le premier à castrer ta virilité dans une société où l’homme, le « vir » latin, n’est plus rien.

Tu t’offres des facilités de choix, toi qui aimes tant te confronter intellectuellement et physiquement aux difficultés qui te permettent d’exister, de te sentir en vie,

  • pas les difficultés du paraître qui te tuent à petits feux, à force d’être si peu, d’être moins que toi, moins que les autres, des autres qui se ressemblent mais ne te ressembleront jamais,
  • tant tu es différent d’eux dans ton être,
  • mais des difficultés qui s’apparentent aux aspérités d’une ascension sur lesquelles tu dois t’appuyer pour réussir à atteindre le sommet et tous les dépasser.

Il te manque les grands espaces pour exister, il te manque les courses sans carte, il te manque de redevenir sauvage pour te retrouver toi-même, toi qui es trop sage.

Maasaï — Wikipédia

Je te propose l’Afrique, la terre natale des guerriers de lumière, des guerriers Maasaï, mon chéri, comme une pause extraterritoriale, pour sortir de toi-même.

– Regarde autour de toi !

Le berceau natal de l’humanité s’offre à toi, excursion onirique, sans barrière, sans frontière, sans intermédiaire humain.

– Evade-toi, rien qu’un instant, rien qu’un moment à prendre pour toi,

  • toi, l’homme blanc aux longues jambes et au corps si fin, semblable à un guerrier Maasaï avec ses muscles d’acier non bodybuildés.

Tu rêves d’aventure dans un monde occidental où chaque parcelle de terrain est clôturée, chaque maison est entourée de murs, chaque homme est enfermé dans ses certitudes et transformé en un clone fatal, sans sexe, sans genre, sans âme, avec ses habitudes collantes et la lente décrépitude du temps qui passe quand ton corps te crie d’exister encore.

Masai man jumping images libres de droit, photos de Masai man jumping |  Depositphotos

Pétri de préjugés bourgeois, tu ne comprends même plus qu’une femme puisse aimer ce corps et vouloir le couvrir d’or et de bijoux comme le corps des guerriers Maasaï.

– Dis-moi, mon tendre amour, pourquoi une femme n’aurait-elle pas le droit d’aimer un homme comme un homme aime le corps d’une femme dans votre civilisation « égalitaire » et si grégaire ?

De toutes façons, trésor inestimable, tu portes sur toi le plus beau bijou naturel qu’aucune femme ne pourrait acquérir à loisir, sans le requérir de toi,

  • bijou de chair plus cher qu’aucun objet sur cette terre.

– Pourquoi n’aurais-je pas le droit de rendre éclatante la beauté physique de mon guerrier et, comme au temps des Gaulois, nos barbares à nous en Occident, t’offrir des colliers, des bracelets et toutes sortes de bijoux ludiques à en rendre jaloux tous tes rivaux ?

– Pourquoi, dis-moi, mon killer, mon si beau parleur, toi qui règnes sur mon coeur comme les rois de naguère ayant tout pouvoir de vie ou de mort sur leurs sujets, pourquoi n’aurais-je pas le droit de t’offrir ce qui met en valeur ta virilité ?

C’est mon choix d’honorer ton corps, la première image que tu donnes de toi aux femmes qui t’adorent, toi qui sais si bien tourner la page d’un livre sans en avoir lu jamais la fin.

Guerrier Masai, Kenya - All4prints

– Pouvais-tu assouvir ta faim de fantasmes dans les miasmes d’une civilisation secouée de spasmes, culture qui se confond avec l’orgasme des femmes,

  • le point à atteindre, le point G, « j’ai »,
  • la carte du sexe qui ne sait plus être tendre comme l’était la carte du Tendre, avant que n’advienne le temps du libertinage précédant l’orage révolutionnaire ?

« J’ai » n’est pas ce qui est le plus important.

– Comment « avoir » une femme ?

  • Et la faire crier de plaisir, est-ce un « avoir » qui t’assure d’un avenir ?

Tout plaisir est éphémère dans l’enfermement du devoir jouïr et du faire jouïr à tout prix.

Guerrier de Massai image stock. Image du ferme, juste - 2408665
  • Laisse-moi t’aimer, te rendre à toi-même, toi qui es à nul autre pareil.

Ce ne sont pas mes mains qui caresseront ton corps pour te rendre plus fort et effacer le tort de n’avoir pas su t’aimer comme tu l’aurais voulu.

Ce ne sont pas mes mains qui dessineront sur ta peau d’homme l’écriture énergétique de l’amour de la vie et apaiseront tes tensions intérieures.

Ce ne sont pas mes mains qui prendront rendez-vous pour d’autres lendemains afin de te rendre le bonheur d’être toi-même physiquement, de te détendre, de n’avoir plus à te défendre.

Ce ne sont pas mes mains qui t’aideront à comprendre toutes tes contradictions psychiques et toutes tes contractions physiologiques mais si peu logiques dans le but vital de pouvoir te lever le matin comme si la mort n’existait plus :

– parce qu’il n’y aura plus que la Vie !

Mais c’est mon coeur, mon amour, qui t’enverra ce cadeau qu’il te faudra accepter comme un présent, pas un futur, non, un présent,

  • du temps pour toi, pour t’aimer et être aimé.

Aimer ton corps si beau, c‘est, comme le guerrier Maasaï, t’aimer en tant qu’homme libre et viril,

  • ce que tu es, toi, l’homme blanc qui a oublié qu’on n’a pas besoin de vivre dans un château
  • quand on a pour soi toute la nature autour de soi,
  • sans barrière, sans clôture, sans frontière, sans fermeture à soi-même.

Je voudrais panser tes blessures et ces morsures que je t’ai infligées au nom de ma liberté, sans réfléchir que te faire souffrir me ferait mourir à moi-même.

– Alors accepte quand le temps prochain sera présent,

  • ce présent, ce cadeau, des mains caressantes pour ton corps si beau,
  • des mains agissantes pour te donner le bonheur vital de redevenir toi-même,
  • toi qui n’es pas comme les autres et qui ignores encore ce que tu veux devenir, toi, mon guerrier Maasaï.

_______________________________________________

*Article inspiré par  Le Lion  de Joseph Kessel, mon premier roman d’aventures lu en Afrique.

https://www.decitre.fr/livres/le-lion-9782070235810.html

{Résumé

Au terme d’un long voyage en Afrique Orientale, l’auteur s’arrête dans un Parc Royal du Kenya où les animaux vivent en liberté et sécurité absolues sous la protection de quelques hommes. Le directeur du Parc est John Bullit, géant roux, grand chasseur repenti. Cette visite, qui devait durer 48 heures, se prolonge, car l’auteur se trouve pris dès son arrivée dans un drame étrange où s’affrontent les Blancs, les Noirs et une bête royale.

Les personnages de ce drame sont Bullit lui-même, sa femme Sybil, leur fille de dix ans Patricia, un jeune guerrier Masaï, beau comme un demi-dieu : Oriounga, et le vieux pisteur borgne Kihoro.

Le héros est le lion King. Patricia aime passionnément le lion qu’elle a recueilli et élevé lorsqu’il n’était qu’un nouveau-né aveugle et sans force. Et King lui a rendu cette tendresse comme l’eût fait un être humain. Mais quand le fauve est devenu le plus grand lion du Parc, il inspire à Sybil Bullit – qui, elle, est venue d’Europe – une terreur panique. Elle obtient de son mari qu’il chasse King de la maison et le renvoie à la savane.

Patricia, qui ne peut pas vivre sans le grand fauve son ami, son jouet, son amour, a obtenu en dédommagement qu’on la laisserait passer chaque jour quelques heures, dans la brousse, avec son lion. Une vie merveilleuse et terrible s’engage, se poursuit et se dessine sous les yeux de l’auteur, parmi les troupeaux de bêtes sauvages sur qui la petite fille a le pouvoir de l’habitude et de l’innocence. C’est Patricia elle-même qui, pour mener jusqu’au bout un jeu de charme et de puissance, entre le grand lion King, et Oriounga, le guerrier Masaï, va provoquer l’événement qui lui fera perdre son royaume et le paradis.

Histoire vécue ou roman ? Cela importe peu. On est plongé, de la première à la dernière ligne de ce livre étrange, dans un monde où les choses les plus incroyables sont contées avec l’accent de la vérité la plus vraie. Un monde où les antilopes, les singes, les buffles, les rhinocéros et les éléphants mènent leur vie enchantée dans la brousse et les savanes qui s’étendent au pied du Kilimandjaro.}

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